Category: Environnement relationnel

La CNV pour les nuls ?!?

Ce n’est pas si simple que ça de communiquer ses besoins, ses attentes, poser ses propres limites sans crier !

Quand on commence le travail en atelier de parents, très rapidement les parents se rendent compte que les compétences de communication que nous travaillons ensemble au sujets des enfants peuvent être transférer dans tous les domaines.

C’est quoi la CNV ?

C’est un outil établi par Marshall B Rosenberg dans les années 1960 (si, si années 60 !!! Rien que ça !!! et j’ai pourtant l’impression que notre cerveau archaïque nous régit encore beaucoup 40 ans après !!)

Ça consiste en quoi ? En gros, c’est donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant. Whaou ! trop beau !

Mais concrètement ?

Personnellement je m’y suis intéressée il y a maintenant 15 ans parce que j’en avais marre de m’énerver, de pester, de râler et même de crier ! Et puis, lorsque je me suis reconvertie en tant que maîtresse, je ne voulais surtout pas faire subir aux élèves ce que j’avais pu subir en tant qu’élève. Et lorsque je suis devenue maman, je ne voulais pas faire subir à ma fille ce que j’avais pu subir en tant qu’enfant.

Donc, j’ai pris les choses en main et je suis allée au fond des choses.

Après tout, c’est le chemin de toute une vie de tenter de s’améliorer.

Alors ça n’a pas été facile facile…

Il y a eu de gros moments de doutes, des moments de solitude, des moments où l’on retombe dans les travers et les schémas que l’on a connu parce que c’est trop fastoche, des moments de régressions comme dans tous les apprentissages mais j’ai la sensation d’avoir gagné en compétences et en sagesse. Même si j’ai aussi la sensation qu’il me reste un bon bout de chemin à parcourir encore.

Quelles sont mes victoires ?

  • La prise de responsabilité de mes propres émotions : c’est la base ! Croire que ceux sont les autres qui nous mettent en colère est une fausse piste. Chacun sa responsabilité de s’énerver ou… pas.
  • Le choix de placer son énergie ci ou là : c’est la deuxième étape. A quoi je m’attache ? Pourquoi ça m’agace ? qu’est ce que ça réveille en moi ? Et si je réagissais autrement ? C’est un peu le fameux « lâcher prise »
  • L’expression de ses propres émotions : pour l’avoir vécu quelques fois, juste de dire à la personne adulte « je me sens triste, perdue, débordée, je me sens dans l’incompréhension » ça fait un bien fou ! L’autre réagit ensuite à sa façon. Soit il prend en compte votre émotion et ça ouvre la discussion ; soit il reste sur sa petite colline et se sent agressé malgré tout et vous ne pouvez rien pour lui. Vous aurez parlé, vous aurez vidé, vous aurez posé les limites.

Avec les enfants c’est d’une facilité déconcertante car ils sont empathiques et plus ils sont petits, plus ils le sont. Si vous leur dite que vous êtes triste, ils comprendront et cela va vous menez à explorer d’autres dialogues bien plus profond que les relations oppositionnelles.

J’aime l’idée de réussir à poser le cadre en parlant de ses propres besoins.

Cela peut paraître égoïste pour certains mais dites vous que vous montrez aussi à vos enfants comment poser leurs propres limites.

Et quelle beauté quand un enfant vous dit : « là, je sens que la colère monte parce que j’ai besoin de réussir et je n’en suis pas sûr. » Du vécu ! Trop bien !

Donc la CNV repose sur 4 principes bienveillants

  • observer une situation sans jugement (après tout : tout est possible ! )
  • exprimer son propre ressenti (et vous n’êtes pas dans la tête de l’autre !)
  • clarifier ses besoins (ça soulage !)
  • Formuler ses attentes (poser le cadre, les limites)

Alors tout cela, ça se pratique, il faut s’entraîner !

Au départ, on a l’impression de réfléchir, de se contrôler et puis petit à petit, cela devient un automatisme.

En atelier de parents, on apprend, on s’exerce, on se trompe, on se marre, on refait, on défait, bref on apprend à s’améliorer !

#bienveillance #parentalite #education #sciencescognitives #parentaliteconsciente #autonomie #apprendreaeduquer #ateliersdeparents #parentalité #grandparentalité #coopération #cnv #gestiondeconflits #rituels #cadre #educap+ #educationbienveillante

Je me sens bien là où je suis

Mes 5 techniques de SIOUX pour rester zen en classe et en famille !

Souvent, j’entends les parents nous dire “Bon courage” “Mais comment faites-vous pour rester si calme?” “Tous ces enfants à gérer, ça doit être épuisant!” Bon, d’abord si l’on fait ce métier ce n’est pas un hasard, c’est qu’on aime ça. 

Mais du coup, j’ai fouillé pour trouver quels sont nos trucs pour rester zen avec un groupe de petits humains en mouvement.

Je me sens bien là où je suis

Se sentir bien là où l’on vit, là où l’on évolue.  Aimer sa classe, sa maison, son environnement. C’est important de s’y sentir bien. Et quand on aime cet environnement, on en prend soin. Pour la classe, j’ai passé beaucoup de temps à l’aménager, à faire un environnement cocooning. Et nous essayons chaque jour de prendre soin de cet espace. Pour la maison c’est pareil, elle est évolutive en fonction de l’âge des enfants, les différents espaces vont être à remanier. Mais notre lieu de vie a un réel impact sur notre bien-être. Sans rentrer dans les théories du feng-shui, c’est important de soigner son environnement, de le faire à son image.

Une phrase sympathique pour chacun, même entre adulte

Il n’y a pas de mal à se faire du bien ! On essaie d’avoir une petite phrase sympathique pour chaque enfant le matin. En faisant cela, ils imitent et le font aussi entre eux ou envers nous. Certains enfants mettent l’émoticône « content » et disent « je suis content de vous retrouver aujourd’hui ! ». Ça, c’est quelque chose qui fait du bien. Un compliment, une attention, ça réchauffe les cœurs.

L'empathie ou le respect des autres !

Entre adultes d’abord et avec les enfants, on a appris à se respecter. On respecte nos choix, nos avis, on reporte les discussions qui pourraient être houleuses après la classe ou sur le temps du midi. On se chouchoute en prenant soin des uns des autres. On ne se toise pas de la tête au pied tous les matins (quel bonheur!) ; bref, on est comme on est et on s’accepte! Et puis, il y a les enfants : A trois ans, les enfants se font des câlins et des bisous sans barrière quand ils sentent qu’il y a besoin. Ils sont encore dotés d’une empathie gigantesque, quelle chance ! Exemple : lorsqu’un enfant se met à pleurer en classe, ils ont tendance à tous vouloir aller câliner leur copain, certains vont chercher son doudou, d’autres un mouchoir… Ce qui, dans les classes de tout petits peut engendrer de gros regroupements brusquement poussés par leur désir d’aider l’autre. Lorsque l’on n’est pas habitué, ça étonne, ça oppresse, on se sent jugé par une horde d’enfants, on a l’impression de mal faire, et on a tendance à dire « il n’a pas besoin de spectateurs, laissez-le tranquille enfin… » et les enfants se dispersent tristement. En cassant cet élan, on brise ce que les enfants ont de plus précieux : l’empathie. Comment le gérer sans se sentir oppressé et dépassé ? Et bien… j’essaie de leur faire confiance. Quand un enfant se met à pleurer, souvent, je regarde les autres enfants et je me laisse guider par leurs idées. Doudou, câlin, paroles rassurantes, les petits sont de bons guides.

Du fun chez vous, en classe !

Moi, c’est la musique ! J’adooore la musique et je leur en fais profiter. Parfois, je mets radio doudou et parfois, je leur fais écouter ma playlist et c’est GE-NIAL !! Alors, j’évite de leur passer du metallica, je choisis quand même la musique (ça tombe bien, je n’ai pas metallica dans ma playlist).  Mais ça met une ambiance très sympa dans la classe, certains enfants fredonnent, d’autres dansent, les ATSEM adorent aussi, ça détend. Bref, un peu de fun dans ce monde, ça fait du bien ! Mais à chacun son truc. Chez certains, ça va être une balade en vélo après la classe ; d’autres un goûter pancake ; d’autres encore des cœurs sur les mains… Bref, à chacun son petit truc fun à instaurer avec les enfants.

Choisir ses batailles

dans une classe unique, on ne peut pas être derrière chaque enfant au même moment, alors on apprend à choisir ses batailles. Pour moi, ce qui est important c’est que les enfants apprennent à faire seul, qu’on leur laisse la possibilité de le faire car ils développent leurs compétences exécutives, leurs capacités à planifier, à prendre des risques et à se faire confiance (pour moi, c’est E-NOR-ME ! C’est la base !).

Alors, ok, quid des choix de batailles : un enfant de trois ans est en train de transvaser de l’eau d’un pichet à l’autre et le pichet lui glisse des mains, le pichet tombe, tout se renverse (zen…), il décide de réparer ça, il va chercher le rouleau de papier qu’il réussit à attraper en montant sur une chaise (oui, car nous avions décidé entre adultes que le rouleau de papier, ça suffit, ils gaspillent et qu’il valait mieux utiliser l’éponge), finalement, l’enfant qui n’avait pas participer au conciliabule de l’adulte (grande faute de notre part !) réussi à dérouler le sopalin presque jusqu’à la fin… il en étale partout sur le sol et ensuite avec une grande attention prévient tous ses copains de ne pas passer par là en le clamant haut et fort.

Maîtresse a deux solutions.

Solution 1 : soit intervenir et lui dire stop car je ne suis pas d’accord pour qu’il gaspille tout le rouleau (avez-vous déjà expliqué le gaspillage à un enfant de trois ans ? une expérience à vivre…) et je ne suis pas d’accord non plus pour qu’il parle fort dans la classe pour prévenir ses copains car dans la classe on chuchote : c’est notre règle d’or.

Solution 2 : je décide de voir la scène autrement et me dit que franchement cet enfant a gardé son calme, a pensé à réparer son erreur, a osé monter sur la chaise, a attrapé le sopalin, donc il a trouvé une solution sans venir nous voir ce qui montre une grande autonomie, une grande capacité d’adaptation, une grande prise de risque et de prise d’initiatives. Il a su trouver ce dont il avait besoin, ce qui nous prouve à nous même que nous les laissons s’approprier leur espace, du coup, je me sens contente de pouvoir lui permettre cela. Il s’est également fait confiance en planifiant sa réparation : étaler le sopalin par terre sur une grande surface pour être sûr. Il a prévenu les copains, il a donc fait preuve de sociabilité. Bref, je choisis cette solution 2 car je me souviens de ma bataille : apprendre à faire seul. Néanmoins, je m’approche de l’enfant, valorise toutes ses initiatives en décrivant tout ce qu’il a fait et après un « grand-layus-booster-de-confiance », je lui suggère de prendre l’éponge qui est à sa portée (c’est plus « écologique »… une autre expérience de vocabulaire à vivre avec un enfant de trois ans) et prévenir ses copains en chuchotant. 🙂 zeeeeennnn…

L’idée c’est de prendre du recul. On ne peut pas être sur tout, tout le temps. Il faut choisir ses priorités.